Tout ce qu’on ne t’a pas dit sur ton forfait Internet

par Dominique
vitrine de magasin proposant un forfait illimité à 30.-

Dans cet article, nous allons voir le véritable impact environnemental du numérique, ainsi que les solutions pour le diminuer, tout en réalisant de conséquentes économies.

Débit illimité, ressources limitées

Surfe chez toi sur notre réseau de données mobiles exceptionnel. Internet haut débit illimité.1 Réjouissez-vous d’offres wow. Internet ultra-rapide pour toute la famille.2 A lire ces annonces, on croirait que les données sont une ressource inépuisable, que l’on peut consommer à volonté.

Internet a quelque chose d’intangible, d’insaisissable, voire d’infini, pourtant notre usage du web a un impact écologique bien réel. En effet, nos données stockées sur le cloud nécessitent de gigantesques data centers, qui doivent être continuellement refroidis, ce qui nécessite une énergie considérable. C’est ainsi que la consommation des centres de données du monde entier est supérieure au besoin combiné en électricité de la France, de l’Allemagne, du Canada et du Brésil.3

Regarder une série en streaming, envoyer un email, consulter une page web ou publier des photos sur les réseaux sociaux : toutes ces actions sont gourmandes en énergie. À lui seul, le streaming vidéo représente 60 % du flux de données sur Internet et émettrait près de 1 % des émissions mondiales de CO2.4

Un monde interconnecté

Pourtant, nous ne sommes qu’à la préhistoire d’Internet et les objets connectés vont envahir notre environnement. Entre la domotique qui permet de régler les stores de sa maison en fonction du Soleil ou la poubelle qui scanne nos déchets pour établir une nouvelle liste de course, difficile d’imaginer quels autres objets “indispensables” vont nous concocter les ingénieurs. En outre, cette révolution s’attaque déjà au vivant : capteur d’humidité et d’engrais pour les plantes, pèse-personne connecté, suivi du sommeil… La porte du transhumanisme semble grande ouverte.

Autant je peux comprendre l’usage de certains objets connectés, tel qu’un capteur pour mieux diagnostiquer une crise cardiaque, autant je suis sidéré par la prolifération de gadgets, comme ce barbecue qui envoie des notifications lorsqu’il est temps de retourner sa côte de boeuf. Utiles ou pas, les objets connectés contribuent à renforcer notre empreinte environnementale du numérique.

Comment diminuer son impact environnemental du numérique ?

6 pistes d’action.

1. Une vitesse Internet adaptée à nos besoins réels.

Le wifi à domicile

Comme annoncé en préambule, les offres d’abonnement pour un Internet “illimité” foisonnent, celles-ci proposent jusqu’à 10 Gigabits/seconde. Selon le comparatif d’un opérateur, cela signifie qu’un film de 5 gigas sera téléchargé en 6 secondes.5

Evidemment, haut débit rime avec grosse facture. Par exemple, Swisscom propose un abonnement à Fr. 59.- par mois pour attirer le client, puis le treizième mois, la facture mensuelle monte à Fr. 90.-/mois, soit 1’080.- par an. Franchement, qui a besoin d’un tel débit, sachant que 10 Mégabits/seconde suffisent pour regarder une vidéo sur YouTube ?

10 Mégabits/seconde c’est la vitesse de mon réseau wifi, soit un débit 10’000 fois inférieur à celui proposé par la plupart des opérateurs. Pourtant, cela suffit amplement pour l’usage quotidien que mon amie et moi en faisons, même en télétravail. D’ailleurs, ce blog a été réalisé sur ce débit. La seule différence réside dans le temps de téléchargement de gros fichiers.

Le coût d’un débit de 10 Mbits/s ? Fr. 10.- par mois, soit 120.- par année. Sachant que la plupart des abonnements wifi reviennent à environ Fr. 50.- par mois, cela représente une économie de Fr. 960.-/an. Pour ceux que ça intéresse, c’est une offre suisse de digitec, mais il y a certainement d’autres opérateurs qui proposent des offres similaires.

[Mise à jour mai 2023] L’offre de digitec est désormais à 110.-/an, soit Fr. 9,16/mois, donc encore plus rentable !

L’Internet mobile

Sur son smartphone, là aussi l’abonnement contracté est trop souvent supérieur aux besoins réels de l’utilisateur. D’ailleurs, qui a dit qu’il fallait prendre un abonnement ? Dans la majorité des situations, une carte prépayée est la meilleure solution. Tout d’abord, l’utilisateur n’est pas lié à un abonnement le contraignant à rester chez l’opérateur les deux premières années. La fin de la seconde année approchant, le consommateur recevra une offre alléchante pour un nouveau smartphone “gratuit”. Celui-ci sera doté de l’indispensable nouvelle fonction, telle que l’option selfie de nuit ou ce téléphone qui se plie en deux.6

L’utilisateur fasciné n’hésitera donc pas à renouveler son abonnement, lui offrant les appels illimités pour le Congo et 1000 SMS par mois. D’ailleurs, qui envoie encore des SMS aujourd’hui ?

500 mégas de données

Ensuite, la carte prépayée c’est garder un contrôle sur ses dépenses tout en utilisant ses données et autres communications de manière raisonnée. Par exemple, je vis très bien avec environ 500 mégas de données par mois et j’effectue des appels téléphoniques sans me priver. Les applications de messagerie gratuite permettent de passer des appels et d’envoyer des messages pour un coût en données mobiles dérisoires, voire nul si connecté au wifi. En tout, grâce au système prépayé, j’en ai pour environ Fr. 10.- par mois de télécommunication, ce qui est considérablement inférieur aux abonnements de Fr. 50.- que l’on rencontre fréquemment sur le marché, soit une économie annuelle de Fr. 480.-. L’opérateur suisse chez qui je suis client est Coopmobile, le moins cher du moment après avoir analysé multiples offres.

Carte prépayée et impact environnemental du numérique

Enfin, sachant que chaque méga utilisé est débité de la carte prépayée, un usage plus raisonné sera fait par l’utilisateur. Au contraire, avec un modèle illimité, il aura davantage tendance à enchaîner les films et autres activités gourmandes en données et donc accroître son impact environnemental du numérique.

Wifi à domicileAppels + Internet sur smartphone
Forfaits moyens en Suisse50.- / mois50.- /mois
Mes forfaits10.- / mois10.- /mois
Le Suisse moyen dépense près de 1’200.- par an pour son wifi et ses communications via son téléphone. J’arrive à 240.-, tout en ayant une empreinte écologique moindre.

2. Choisir un moteur de recherche “durable”.

Dans l’article “Arrêter les achats impulsifs une fois pour toute” nous avions évoqué le moteur de recherche DuckDuckGo qui protège nos données et limite par conséquent les publicités ciblées à notre égard. Par contre, hormis diminuer nos tentations d’achats de par l’absence d’enregistrement des cookies, il n’est pas plus ”durable” que Google. Ce qui n’est pas le cas d’Ecosia, qui plante un arbre pour 45 recherches environ. Depuis 2009, plus de 130 millions d’arbres ont été plantés. Les revenus sont obtenus via des encarts publicitaires qu’il est possible de ne pas afficher, auquel cas le financement sera moindre.

Ecosia plante un arbre pour 45 recherches environ.

3. Envoyer des fichiers volumineux.

Il est de notoriété publique qu’un email avec une pièce jointe volumineuse aura un impact écologique plus important. Alors comment transférer des fichiers volumineux ? Le meilleur moyen est de fournir un lien de téléchargement dans l’email via un service tel que SwissTransfer. Le stockage des fichiers étant limité à 30 jours, cela permet de diminuer la quantité d’énergie nécessaire à la conservation des documents. De plus, en cas d’un envoi à de multiples destinataires, seuls les véritables intéressés téléchargeront les fichiers.

Page d'accueil du service de transfère de fichiers SwissTransfer.
SwissTransfer permet de transférer gratuitement des fichiers jusqu’à 50 gigas.

4. En finir avec l’enregistrement automatique de nos photos sur le cloud.

Sur certains téléphones, l’intégralité des photos et vidéos s’enregistrent sur le cloud. Non seulement c’est exposer notre vie privée aux géants du numérique, mais en plus c’est un procédé énergivore. Il est donc primordial de désactiver cette fonction et de stocker ses fichiers médias en local sur le smartphone, puis de les transférer de temps en temps à l’aide d’un câble sur l’ordinateur.

5. Bannir le téléchargement automatique des médias sur les applications de messagerie.

La configuration initiale des applications de messagerie télécharge automatiquement les fichiers photos et vidéos reçus. On a tous de multiples “groupes”, auxquels on assiste impuissant, au déferlement de photos qui ne nous intéressent pas et qui sont automatiquement enregistrées sur notre téléphone.

Le meilleur moyen pour lutter contre ce fléau est de désactiver le téléchargement automatique des médias, ainsi on devine le contenu de la photo via un aperçu flou et c’est nous qui décidons de la télécharger ou pas.

La démarche est simple et similaire sur les différentes applications de messagerie, telles que Whatsapp, Signal ou Telegram :

  1. Cliquer sur les trois petits points en haut à droite.
  2. Ouvrir les paramètres.
  3. Menu “utilisation données et stockage”.
  4. Sous-menu “téléchargement auto. des médias” et désélectionner photos/audio/vidéos/documents pour les données mobiles, le wifi et en itinérance.
  5. En bonus. Même menu, qualité de chargement des photos, économiseur de données.

Ce réglage diminuera de manière conséquente ton utilisation de données tout en limitant l’encombrement de son smartphone.

Bannir le téléchargement automatique des médias sur les applications de messagerie. Application Signal.
Marche à suivre sur l’application “Signal”, mais la démarche est similaire sur les autres systèmes de messagerie.
Bannir le téléchargement automatique des médias sur les applications de messagerie. Application Signal.
Décocher tous les types de médias.

6. Vers une sobriété numérique ?

Se passer du numérique est illusoire, tant il est devenu indispensable dans de nombreux domaines et comment il a rendu, en général, nos vies plus confortables. Ce qui est sûr, c’est que la plupart d’entre nous en abuse, moi le premier, de part la nature intangible d’Internet et l’impression d’infini qu’il dégage. Aujourd’hui, l’empreinte écologique du numérique est un réel problème et dont la sobriété est une piste sérieuse à suivre : ne pas s’en passer complètement, mais l’utiliser de manière raisonnée.

Jusqu’ici nous nous sommes focalisés sur le volet des données Internet, mais la partie ayant le plus d’impact écologique est celui du matériel (ordinateur, imprimante, téléphone, etc.) et de sa fabrication.7 Nous avons déjà évoqué le sujet dans l’article 3 astuces pour prolonger la durée de vie de son smartphone.

Conclusion

Pour conclure, nous avons vu l’impact environnemental du numérique et comment le diminuer, tout en réalisant de substantielles économies. En effet, entre nos forfaits illimités et nos réels besoins, il y a un véritable gouffre. Opter pour un abonnement qui correspond à notre utilisation c’est diminuer son empreinte écologique tout en augmentant son épargne. Nous avons également évoqué diverses astuces permettant de diminuer sa consommation de données mobiles. Enfin, nous nous sommes questionnés sur la notion de sobriété numérique.

Et toi ? As-tu d’autres idées pour limiter ton impact numérique tout en contribuant à augmenter ton épargne ? N’hésite pas à les partager en commentaires !

  1. https://www.yallo.ch/fr []
  2. https://www.upc.ch/fr/ []
  3. https://www.clubic.com/mag/environnement-ecologie/actualite-881598-650-terawatts-heure-consommation-prevue-data-centers-monde-entier-2020.html []
  4. https://www.greenpeace.fr/la-pollution-numerique/ []
  5. https://fiber.salt.ch/fr/home/internet []
  6. https://www.samsung.com/ch_fr/smartphones/galaxy-z-flip/ []
  7. https://www.wwf.fr/agir-quotidien/numerique []

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